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Hors Cadre Béziers

EXPOS

13/ LES OSTALS

LIEU D’HOSPITALITÉ

ET DE CULTURE

Les Ostals sont deux vieilles maisons du XV et XVIe siècles du centre ancien de Béziers entre la cathédrale et les Halles.

Elles sont réhabilitées progressivement dans un lieu d’hospitalité (café, restaurant) et de culture (expositions et événements) et vous accueillent désormais toute l’année.

10/14 rue du Capus, Béziers – lesostals.com

jeudi, vendredi samedi, dim et lundi : 12h-23h
VERNISSAGE : VENDREDI 15 OCTOBRE, dès 18H30

SAMI DARWICH

PORTRAIT DE MON PAYS

« L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. » — Simone Weil

En février 2012, grâce à sa double nationalité franco-syrienne, Sami Darwich prend l’un des derniers avions pour la Syrie avant l’embargo. Il craint la catastrophe, mais ne pensait pas que la réalité allait, à ce point, dépasser la fiction. Que des lieux d’une valeur historique inestimable seraient détruits. Qu’une mer se transformerait en cimetière.

« Portrait de mon pays », la série qu’il propose aux Ostals, est un souffle d’espoir, une tentative de compenser la tragédie d’un pays déformé, mutilé. « J’avais deux pays. L’un m’a été interdit, l’autre m’a accueilli. Cela n’a, curieusement, fait que renforcer ma conviction en notre universalité. »

TIFFANY VIAUD

APRÈS LA CHUTE

Tiffany Viaud, 26 ans, photographe autodidacte depuis l’enfance, a fait de la photographie un refuge face à une réalité parfois difficile. Son travail est centré sur les femmes, une fascination liée à son propre vécu de dévalorisation et de moqueries dans l’enfance. Aujourd’hui, elle utilise la photographie pour révéler la beauté singulière de chaque personne, au-delà des normes et stéréotypes, et rappeler à chaque femme son unicité.

« Après la chute » est sa dernière série photographique explorant l’idée que l’espoir persiste même au cœur de la destruction. Dans des lieux brûlés ou effondrés, une figure angélique apparaît comme symbole de survie et de renaissance, non pour sauver le monde mais pour rappeler qu’une transformation est possible après l’effondrement. La série interroge la capacité à se reconstruire malgré les fractures, les ailes représentant cette part de nous qui résiste à la disparition. La beauté y naît des traces du vivant qui subsiste, plutôt que de la perfection, faisant de chaque image une tentative de réinvention et de renouveau.

ESTELLE YALUNER

ÍSLENDINGAR! SEX BEFORE COFFEE: A LOVE MANIFESTO

En 2009, au lendemain de la crise financière islandaise, Estelle Yaluner a photographié à Reykjavík les visages de la jeunesse locale avec sa chambre moyen-format Mamiya RZ67 : des portraits bruts et instinctifs, véritable déclaration d’amour à un peuple debout. Dix-sept ans plus tard, cette série inédite, « Íslendingar! Sex Before Coffee: A Love Manifesto », sort enfin de la chambre noire en bousculant les codes de l’exposition traditionnelle, dans une démarche hybride et anthropologique.

En mai 2026, une campagne de crowdsourcing lancée en Islande a permis de retrouver, en moins de 72 heures, 41 des 49 personnes photographiées à l’époque. À chacune, l’artiste pose la même question : « Qu’est-ce que la vie vous a appris depuis 2009 ? »

L’exposition finale confronte ainsi les portraits argentiques de 2009 à la parole de ces mêmes personnes aujourd’hui, créant une œuvre vivante et collective, capsule temporelle partagée entre l’artiste et la communauté. Présenté à Béziers, ce projet montre comment la photographie peut dépasser son propre cadre pour devenir vecteur de lien social, de mémoire et d’émotion universelle.