EXPOS
LIEU D’ART CONTEMPORAIN
Né de la volonté philantropique de Francine Buesa, LA MOUCHE est un espace dédié à la création contemporaine.
Attentive au redéploiement de l’action culturelle à l’échelle locale, Francine Buesa offre ainsi aux artistes l’opportunité de retisser du lien social sur la trame concrète des œuvres et des questions qu’elles soulèvent en chacun.
Au delà de doter les acteurs de l’art contemporain, tant les artistes que les commissaires, de la visibilité qu’ils méritent, la vocation de LA MOUCHE est aussi de susciter l’émulation avec l’Autre que soi, sur le plan de l’échange avec le public tant que sur celui des discours des expositions.
Parce que Nature et Culture se nourrissent réciproquement, LA MOUCHE est plantée au cœur du Domaine de Pradines, entourant dès lors la sphère artistique et l’écrin ancestral de l’identité languedocienne.
Domaine de Pradines le Bas, rte de Corneilhan, Béziers
MAR à SAM : 10h-13h et 15h-19h
VERNISSAGE : SAMEDI 17 OCTOBRE, dès 18H30
Le travail de Maia explore cet espace fragile où le réel bascule vers l’imaginaire. Elle utilise son corps comme terrain d’expérimentation : une présence qui apparaît, disparaît, chute ou s’élève, à la recherche d’une forme de coïncidence entre le monde tangible et l’espace intérieur. Les lieux dans lesquels elle évolue ne sont jamais véritablement identifiables ; ils appartiennent à une géographie poétique, façonnée entre la lumière de la Californie et celle de la Catalogne.
La photographie est devenue le médium naturel de cette recherche. Très vite, le corps s’est imposé comme un langage à part entière. À travers lui, Maia Flore cherche à ouvrir des espaces sensibles dans lesquels le spectateur peut projeter ses propres émotions, ses propres récits. Depuis quinze ans, son travail a progressivement glissé de la performance vers une forme de présence plus intuitive et plus libre. Les images sont devenues plus lumineuses.
Immergée dans la nature, elle cherche dans les reliefs du paysage extérieur un écho à nos paysages intérieurs. Maia Flore travaille désormais avec les éléments, et particulièrement avec le soleil, comme dans une forme de danse ou de dialogue silencieux. Cette recherche est portée par une question simple : si nous nous offrons au monde avec la même intensité, la même générosité et la même présence que le soleil, pourrions-nous toucher en nous une forme d’infini ?
Isabelle Kraiser est une artiste performeuse qui pratique de façon incessante et obsessionnelle l’autoportrait photographique. Elle présente sa série « Actions Robes », initiée en 2004, où elle se photographie dans l’espace public en portant des robes démodées, achetées à bas prix, interrogeant ainsi l’apparence et la norme sociale.
L’artiste intervient vêtue d’une robe dans des espaces publics symboliques lors d’événements mondains ou dans de simples lieux de passage. Ses actions dérisoires, cyniques ou provocatrices sont légitimées par la présence de son photographe qui la hisse au rang de personnalité publique. Isabelle Kraiser, par sa présence, désire modifier la perception qu’ont les autres de l’espace dans lequel ils se situent. Elle esthétise alors l’événement, elle érige le banal en art contextuel.
En posant comme modèle, l’artiste introduit une réflexion sur le rôle identitaire du vêtement en tant qu’attribut de différenciation sociale. Ce travail est aussi une réflexion sur le paraître, sur l’apparence et ses préjugés, sur la difficulté de s’affirmer en simple état de corps.
La série « i. collection » est une aventure photographique, une folle passion débutée en 1986 suite à la rencontre d’Isabelle Mège avec Jeanloup Sieff, animée par le désir intense de collaborer avec des photographes choisis pour composer son recueil de « modèle collectionneur ».
Il y a ensuite la rencontre déterminante en 1987 de Jean-François Bauret qui l’encourage dans cette démarche et une succession de rencontres merveilleuses : Seike, Ronis, Minkkinen, Boubat, Gibson, Saudek, Tosani, Witkin… et bien d’autres, photographes de renom (ou non, si leur œuvre était forte).
De 1987 à 2008, Isabelle Mège a poursuivi cette démarche singulière, proposant de poser pour les photographes qu’elle avait élus, en général nue, en échange de photographies. Elle a constitué ainsi une importante collection de photographies, poursuivie depuis 2016, suite à un article dans le New Yorker, afin de l’enrichir encore de nouveaux regards.
L’exposition retrace le parcours d’Isabelle Mège, mettant en lumière les correspondances avec les photographes sollicités. Des lettres manuscrites enthousiastes et également des refus. La collection, presque complète, est présentée au lieu d’art la Mouche sur un écran.