EXPOS
Au cœur de Béziers, le Théâtre Minotaure – Salle Berlioz fait renaître un lieu singulier, chargé d’histoire, pour lui donner une nouvelle place dans la vie culturelle de la ville.
Après trois années de travaux et de transformation, le Minotaure ouvre un nouveau chapitre. Pensé comme un lieu vivant, pluridisciplinaire et ouvert à tous, il fait dialoguer les arts, les générations et les imaginaires.
Théâtre, musique, humour, danse, cinéma, expositions, performances et rendez-vous inattendus : ici, les disciplines se croisent, les frontières s’effacent et la culture se vit autant qu’elle se découvre.
Le Minotaure est un espace de liberté et de partage, un lieu où l’on vient pour s’émouvoir, rire, s’étonner, apprendre, se rencontrer et parfois se laisser surprendre là où on ne l’attend pas.
Le Théâtre Minotaure revendique une programmation éclectique, exigeante, attentive aux artistes comme aux publics.
Un théâtre qui ne se contente pas de lever le rideau : un lieu qui invite à la curiosité, provoque la rencontre et fait battre la ville au rythme de la création.
Bienvenue au Minotaure. Entrez, explorez, laissez-vous surprendre.
JEU et VEN : 15h-19h – SAM (et DIM 18 OCT) : 10h-19h
VERNISSAGE : VENDREDI 9 OCTOBRE, dès 19H
Une invitation à la rencontre. En plein cœur d’un quartier qui traîne malgré lui la sale réputation. Saint-Jacques à Perpignan, ce « coupe-gorge », ce « dépotoir » à éviter à tout prix ?
Loin des caricatures, c’est la découverte d’habitants à la vie simple, de femmes et d’hommes attachants au possible, d’enfants joueurs et malicieux, de personnes âgées observant sagement de leur chaise l’effervescence de la rue.
Ici, la parole est facile et le dialogue n’attend qu’un regard, un sourire pour laisser s’entrouvrir la porte des cœurs. Constamment dénigrés, mais fiers de leurs valeurs, leur enthousiasme dans les échanges cache à peine ce besoin de reconnaissance.
Ils s’appellent Nick, Mike, Marceline, Kevin, Chouri, Élie, Yoyo, Delizia, Joseph, Néné, Thibaut… Ils sont les témoins et les porte-paroles d’une communauté vivante, solidaire, hospitalière – les gitans catalans – et d’un mode de vie qui, dans ces proportions, n’existe plus nulle part ailleurs, pas même en Espagne.
Mais malgré cet ancrage fort, tous se lamentent, fatalistes, d’une forme de déclin : « Nos commerces disparaissent, nos patriarches s’éteignent, les immeubles menacent de s’effondrer et la ville nous laisse mourir à petit feu ». Et pendant ce temps-là, le fléau de la drogue, comme ailleurs, amplifie cette dérive.
Comment éviter encore ce qui ressemble à l’extinction d’un quartier aux traditions uniques et aux valeurs rares ? « On est un peu les derniers des Mohicans ».
Ce projet artistique met en relation des photographies prises à des époques différentes par mon grand-père, mon père et moi-même. Cette série de vingt-cinq triptyques est une exploration dans le temps et la mémoire, un questionnement intime sur la lignée et l’héritage.
Elle m’a donné l’opportunité de plonger dans le regard de mes aïeux, de les faire dialoguer à travers une variété de thèmes et de motifs. Je joue ainsi un rôle d’intermédiaire entre nos trois mondes, en soulignant leurs similitudes, leurs différences et leurs ruptures.
En puisant mon inspiration dans les archives de ma famille, je détourne parfois l’usage initial de ces photographies, qu’il s’agisse de clichés vernaculaires ou publicitaires. La photographie devient une porte d’accès vers un monde invisible qui me relie à mes ancêtres. Elle me permet de réinventer leurs images, de les présenter sous un nouveau prisme.
En traversant un siècle de photographie, « Les Trois Générations » évoque à la fois la dimension intime de ma mémoire familiale et l’évolution de notre société. La petite et la grande histoire y sont simultanément racontées.
« Les Trois Générations » porte sur l’ensemble du parcours photographique de mes aïeux. Dans les années à venir, je souhaite ainsi poursuivre ce projet en le faisant évoluer périodiquement.
Ce projet puise sa richesse autant dans ce qui a été que dans ce qui sera : la mémoire du passé, du présent et du futur.
J’ai découvert Béziers en 2018, je revenais d’un séjour à Détroit.
Détroit en 2018, pour l’américain moyen était une ville dont on se moquait, dont on avait peur. Une ville déchue. Mais pour moi Détroit était la ville qui inspire, la ville martyre, Détroit la belle. Je l’ai photographiée, je l’ai écoutée, pour ne pas l’oublier.
J’ai retrouvé les photos de bâtiments que j’avais faites. La mythique vieille gare désaffectée, aujourd’hui reconstruite. Le magnifique théâtre abandonné qui servait de parking, des églises en ruines, et tant de lieux habités par l’histoire de la ville… comme à Béziers, 7 lettres aussi, 7000 km la sépare de Détroit.
Lorsque j’ai parcouru les rues de Béziers, j’ai senti que cette ville m’inspirait, qu’elle allait être importante pour le développement de mon travail. J’ai voulu comprendre pourquoi.
Béziers en 2018, faisait peur aussi, aucun artiste ne voulait s’y installer. Je me suis rendue compte que Béziers était une ville hors du temps, tout comme Détroit, et j’ai voulu raconter sa mémoire. J’ai eu l’autorisation de photographier l’intérieur de l’ancienne prison transformée aujourd’hui en hôtel.
Que reste-t-il de ses rêves de grandeur, quand elle se couvrait d’hôtels particuliers et d’immeubles haussmanniens et qu’elle invitait le sculpteur Injalbert à créer son Titan pour le parc des poètes ? Comme Détroit qui se couvrait de gratte-ciels orgueilleux, se faisant appeler la belle ville, et invitait Diego Rivera à célébrer son triomphe industriel.
« INSOMNIA » est un moment suspendu où l’esprit s’aventure entre rêve et réalité, qui, invitant au voyage intérieur, sonde la profondeur mémorielle du temple des émotions liées à l’enfance lorsque l’inconscient victorieux nous offre un labyrinthe de secrets chuchotés, de fantasmes murmurés s’échappant d’un conte visuel fugace teinté de mélancolie.
Le petit personnage, c’est l’artiste photographiée par son père à 15 mois à Sète. La petite Sétoise qui est née et a vécu sur l’île singulière, se rebelle, elle se joue des rôles, elle a les clefs, elle est tour à tour chevalier ou fée. Dans cet espace de création imaginaire, elle fait ce qui lui plaît et s’efforce d’encourager petites et grandes personnes, à laisser émerger leur personnalité, à exprimer leur être profond, à rêver sans se laisser entraver par les injonctions sociales et à s’exprimer en se libérant des clichés.
L’inspiration de cette collection est fortement puisée dans les idées floues teintées de souvenirs, peurs et rêves d’autrefois qui surgissent à l’endormissement ou au réveil avec comme terrain de jeux ces mystérieux lieux abandonnés, chargés d’histoires à réinventer.
La petite fille telle un avatar, symbolise l’enfance et la nostalgie d’un monde féérique et inquiétant à la fois car où va-t-on lorsque l’on s’endort ?
Peut-être en « INSOMNIA » le pays imaginaire aux rives de l’étrange, de la poésie et de la profonde légèreté.